Salomé Cholet

Vice-championne du monde de highline

Salomé Cholet, en équilibre
Salomé Cholet

Salomé, comment as-tu découvert la highline 
et qu’est-ce qui t’a donné envie d’en faire ton sport de prédilection ?

Quand j’étais plus jeune, j’ai vu quelqu’un faire de la highline dans la grotte des Demoiselles et j’ai tout de suite été tentée. À l’époque le sport était minuscule et j’étais « trop jeune ». Et puis, des années plus tard, j’ai rencontré quelqu’un qui faisait de la highline et qui m’a proposé d’essayer. Je suis tombée amoureuse du sport dès ma première fois sur la ligne. C’était l’évidence.

Qu’est-ce qui distingue le “freestyle” des autres formes de highline ?

Le freestyle, c’est l’une des pratiques les plus sportives de la highline. Au lieu de simplement marcher dessus, on utilise des sangles plus élastiques afin de rebondir et de faire des figures sur cette sangle de 2,5 cm entre deux falaises.

Tu es multiple championne et vice-championne du monde : quelle est la performance dont tu es la plus fière aujourd’hui ?

L’une de mes plus grandes fiertés aujourd’hui n’a rien à voir avec mes titres. Pour être honnête, je crois que ma plus grande fierté en highline, c’est d’avoir ouvert et traversé une highline de 500 m entre le Thaurac et le Rocher de Sion en 2020. C’est un projet qui m’a pris beaucoup de temps à créer mais qui reste encore aujourd’hui l’une de mes plus belles réussites.

La highline se pratique dans des environnements naturels spectaculaires. Qu’est-ce que tu ressens quand tu es suspendue au-dessus du vide ?

Être suspendue au-dessus du vide, ou plutôt debout sur ce bout de tissu au-dessus du vide, est l’une des meilleures sensations que j’ai pu vivre. Là-haut, sur nos 2,5 cm au-dessus de tout et au milieu de rien, on se sent libre, puissant, invincible ! Tout paraît possible et, pendant un instant, plus rien ne compte : ces 2,5 cm et ce que tu fais dessus deviennent la chose la plus importante du monde. Soudain, tu regardes autour et t’es là où un humain n’a normalement pas sa place : au milieu des oiseaux, stable, immobile, heureux.

La préparation mentale est essentielle dans ce sport. As-tu des techniques particulières pour gérer le stress ou la peur ?

Personnellement, et c’est probablement dû à mon enfance, je n’ai jamais eu peur du vide et j’ai appris à faire confiance au matériel très jeune. Quant au stress, il est évidemment présent quand tu traverses la plus grande ligne que t’as jamais traversée ou quand tu te retrouves en finale de championnats du monde haha. Mais une fois sur la ligne, quelques respirations et le corps reprend ses marques. Ton esprit se recentre et plus rien d’autre ne compte que la perf.

Tu voyages beaucoup pour tes compétitions et entraînements. Quels lieux t’ont le plus marquée ?

Il y a un spot en Suisse, Sustenpath, que j’aime énormément : on est au-dessus d’un lac avec 7/8 lignes parallèles et on bounce tous ensemble, côte à côte. J’aime vraiment et le lieu et l’ambiance là-bas ! Mais le spot le plus magique où j’ai eu l’occasion de slacker, c’est à l’intérieur de la grotte des Demoiselles. Là-dedans, on a envie d’être plus doux, plus respectueux, l’impression d’être dans un autre monde, c’est carrément magique. Un jour, j’adorerais pouvoir traverser les 2 km et quelques qui séparent le Pic Saint-Loup de l’Hortus !

Et pour terminer sur une note plus légère : si tu pouvais choisir un lieu de rêve, n’importe où dans le monde, pour tendre une highline, où serait-ce ?

Ma ligne de rêve ? Elle se trouve à 6000 m d’altitude, entre deux montgolfières, et elle bat deux records du monde. J’en profite pour dire que le projet est en cours mais qu’on manque de sponsors.

Salomé Cholet, en équilibre